Aide aux orphelins

Aide aux orphelins

Cette expérience que je vous raconte n’engage que moi.

CSED APSA ne publiera évidement aucune photo permettant d’identifier qui que ce soit, aucun adulte et aucun enfant…

Mais au nom de la fraternité, de l’humanité  et de la solidarité qui vivent au-delà des couleurs de peau, des nations ou des religions, je dois porter ce témoignage si je veux rester fidèle aux 25 enfants que j’ai dû laisser derrière moi, à contre cœur…..

Je sais que je vais froisser certaines susceptibilités auprès de mes amis, mes frères et sœurs du Niger notamment.

Je vous prie de m’en excuser mais la femme, la maman et la grand-mère que je suis aujourd’hui ne peut pas taire ce que j’ai, sans doute vécu comme la plus grande des injustices de toute ma vie.

En Afrique, on dit qu’il n’y a pas d’orphelins car tout enfant appartient à une famille, une tribu, un quartier.

Et pourtant, dans les faits, ils existent une catégorie d’enfants laissés pour compte, sans famille et sans existence sociale.

Nés de parents inconnus, résultat d’un adultère pendant que le chef de famille étaient en exode, fruit d’une relation non consentie ou cachée, ces enfants sont abandonnés dans un hôpital ou au coin d’une rue, ils sont nommés « les vulnérables » et aux yeux d’une société civile ancrée dans la religion, ils ne peuvent pas avoir de véritable existence sociale.

Alors…ils portent bien leur nom ces enfants « vulnérables»…

Leur vulnérabilité vient du fait qu’ils sont abandonnés de tous, dans un pays où la pauvreté et la malnutrition sont bien ancrées. Sans identité, sans acte de naissance, ils n’ont aucune perspective de vie digne, ils sont stigmatisés.

Pire encore ils ne peuvent pas être confiés à l’adoption par leur maman, car elle sera condamnée et emprisonnée si on l’identifie

Ils grandissent auprès de femmes nommées des « Uwa marayu » ce qui signifie «  la mère des orphelins », dans une pauvreté encore plus grande qu’ailleurs car une seule femme peut accueillir 10, 20 ou 30 enfants.

J’ai bien connu un centre d’accueil tenu par une femme âgée. Nous avons soutenu quelques années ce centre pour qu’il se mette en règle, demande un agrément, organise l’accueil dans de bonnes conditions, fassent soigner les enfants et envisage même de les confier à l’adoption.

Nous avons contribué à leur prise en charge au mieux de nos capacités développant des réseaux de parrainage et espérant leur trouver un foyer qui leur permettrait d’accéder à une vie meilleure….

Nous nous sommes même rapproché d’un OAA (Organisme Agréée pour l’Adoption) et avons organisé une filière officielle d’adoption internationale avec des familles françaises bénéficiant d’une adoption.

Et le jour « J », lorsque l’avocat s’est présenté au tribunal pour plaider l’adoption de deux petites filles qui avaient été abandonnées dès leur plus jeune âge. Les voix se sont élevées…. Les extrémistes religieux nous ont attaqués, accusés….  Ni les autorités locales, ni les citoyens ne se sont opposées!

Comment des blancs peuvent vouloir adopter des petits noirs ? Comment des chrétiens peuvent vouloir pour enfant dans petits musulmans ?

Notre association était connue et reconnue. Notre soutien et toutes nos démarches étaient officielles depuis des années mais nous avons bousculé les traditions. En parlant « Adoption » nous avions mis à jour un tabou social….

Pourquoi vouloir adopter s’il n’y a pas d’orphelins….

Nous avons été lapidés…Nous avons hurlés, criés, pleurés pour sauver ces enfants de leur misère mais nos cris ont été anéantis par le silence du désert….

Alors aujourd’hui il ne reste que ce témoignage d’une mère qui eu la chance d’adopter un enfant au Niger parce que son papa et sa famille ont eu l’intelligence de dépasser la différence entre nos  couleurs de peau et nos religions.

Ils ont agi par amour pour sauver leur enfant dont la maman était décédée très jeune et pour sauver l’enfant qui était gravement malade. Ils ont confié ce petit d’homme à la peau noir à une femme à la peau blanche et par ce geste ils nous ont sauvé tous les deux…Lui et moi… Par ce geste de grande humanité et d’espoir….

Et dans le monde d’aujourd’hui, ce monde en guerre, ce témoignage n’est pas une condamnation d’un pays ou d’un peuple qui n’était pas encore prêt à faire bouger ces coutumes…

Ce n’est qu’un témoignage pour dire l’évolution de l’Homme appartient à l’Homme et que si chacun prend sa part de responsabilité, chacun fait sa part comme dans la légende du petit Colibri.

Vous l’avez compris ma part c’est de témoigner sur l’universalité de l’amour aux delà des couleurs de peau, des cultures et des religions.

                                                                                                          Jacquie Kano Djibo

La légende du colibri :

Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s'activait, allant chercher quelques gouttes d'eau avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n'es pas fou ? Ce n'est pas avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu !"

Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part."